Non, ce n’est pas une question rhétorique (qui provient du nom latin rhetorica), c’est une réelle interrogation (qui provient également du latin interrogatio) qui m’a assailli lors de ma digestion postérieure au petit déjeuner (du latin pitinnus, et déjeuner on s’en fout, d’ailleurs, vous vous en foutez aussi, mais pas autant que moi).

Je disais donc que le quidam moyen était en droit de s’interroger, tout en rotant ses krispolls™®, de la proportion de francophones dans les développeurs Ubuntu (je ne compte que les développeurs, pas les traducteurs et autres qui ne semblent pas touchés par les mêmes symptômes de disparition progressive).

Un bref historique (fait, d’une part, de mémoire, donc inévitablement inexact, n’ayant moi-même que peu de similarité avec un pachiderme bien connu; d’autre part en utilisant vaguement Launchpad, qui lui a toutes les particularités du pachiderme sus-cité, entre deux timeouts):

  • < 2006: osef, j’étais encore sous gentoo à l’époque, 6h pour compiler kde, c’était trop bien <3
  • 2006: c’était le bon temps on avait les vieux de la vieille, comme gpocentek, raphink, Toadstool, pef…
  • 2007: les petits nouveaux comme Adri2000, lionelp, Lutin, mr_pouit…
  • 2008: ? (bonne question)
  • 2009: encore des p’tits bleus qui répondent (parfois) au nom de gilir, didrocks, huats…

Pour gonfler artificiellement les statistiques (Variante de la technique employée par la SACEM pour le remplissage de ses pétitions, à la différence que je n’ai pas compté Oui-Oui, j’ose espérer que vous me pardonnerez une telle bassesse.), on peut aussi compter les employés Canonical, genre didrocks, seb128, nijaba, David B., Thierry C et lool, voire les développeurs Debian, tels que lucas, qui s’impliquent un peu pour éviter qu’un incompétent quelconque pète leurs paquets dans Ubuntu, ou encore qui essaient de montrer à Ubuntu ce que c’est que de faire de la vraie QA.

Et bien, en 2010, qui reste-t-il ? Pas grand monde d’actif (si on en juge par l’activité du chan #ubuntu-fr-devel, c’est proche de zéro):

  • ceux qui ont (plus ou moins) disparu des -changes@ d’Ubuntu: gpocentek, raphink, Toadstool, pef, lionelp, huats, Lutin, Adri2000…
  • ceux qui font semblant de rester actifs: mr_pouit (xubuntu, medibuntu, probablement plus rien d’ici peu)…
  • ceux qui sont vraiment actifs: gilir (lubuntu), didrocks (canonical ;))…

Donc voilà, ça fait 2 (ou 13 si vous comptez comme Pete Graner).

De là à dire que les francophones ne contribuent pas au développement d’Ubuntu, il n’y a qu’un grand écart que je n’effectuerai pas. Les plus trolleurs d’entre vous (dont je ne fais évidemment pas partie, évidemment) pourront également en déduire que les francophones sont moins sensibles au lavage de cerveau pro-ubuntu propulsé par des gens tellement utiles et awesome, et donc qu’ils finissent presque tous par arrêter de contribuer à Ubuntu directement mais partent chez Debian (Il y en a d’autres (ex: gpocentek) qui sont assommés de boulot par leur patron (ex: huats), et que ne viennent plus troller avec nous sur #ubuntu-fr-devel, c’est terrible ;).

Par ailleurs, les plus frileux pourront prétendre que la barrière de la langue est toujours plus grande, et que s’il y a si peu de francophones dans Ubuntu, c’est parce que “l’englè stro dur lol”, voire que “faire un paquet debian c’est trop dur, les.exe c’est mieux”. Pour finir, les plus mesquins pourront insinuer que les utilisateurs francophones d’Ubuntu sont dans l’ensemble des consommateurs, qui n’ont pas envie de contribuer (certains sont trop occupés à écrire des conneries dans le forum).

Le côté positif, c’est pour les statistiques de chez Canonical puisque, si cette tendance se poursuit, 100% des développeurs Ubuntu francophones et actifs travailleront chez eux. :D

En guise d’apothéose (contribuez à Debian !), vous êtes libres d’en tirer les conclusions qui s’imposent (contribuez à Debian !) pendant que je tire un trait sur ce superbe billet estival (ça ne veut rien dire, mais ça impressionne favorablement vos interlocuteurs lors d’un dîner mondain — contribuez à Debian !) (Si vous avez vu un message subliminal, vous vous trompez, the cake is a lie. D’ailleurs, si j’étais vous, j’aurais tourné à gauche tout à l’heure.).

————- (trait)